La malnutrition en Afrique

Garantir une meilleure nutrition aux populations est un important défi à relever pour l’atteinte des objectifs du développement durable à l’horizon 2030. En Afrique, la malnutrition est un phénomène qui sévit et qui emporte des millions de personnes, principalement les enfants chaque année.

Une situation critique

La malnutrition est un terme qui prend en compte plusieurs facteurs. Elle ne se résume pas au manque de nourriture. La mauvaise alimentation laisse à l’enfant des séquelles qu’il devra conserver toute sa vie. Lorsqu’elle est chronique, elle est responsable des retards de croissance (tant physiques qu’intellectuels) observés chez certains enfants. Les conséquences d’une insuffisance nutritionnelle chez l’enfant sont souvent irréversibles. Des maladies chroniques peuvent alors se développer chez le sujet mal nourri lorsqu’il sera grand. En Afrique, le problème est criard. Plusieurs enfants meurent avant l’âge de 5 ans. La principale cause de ces décès est la malnutrition aiguë sévère. On estime d’ailleurs à 12 %, le pourcentage d’enfants de moins de 5 ans qui meurent à cause d’une absence ou d’une insuffisance de l’allaitement maternel. La faim a disparu pendant environ une décennie dans le monde. Elle semble revenir et touche une bonne partie de la population mondiale, soit 11 % selon le plus récent rapport de l’ONU traitant de la sécurité alimentaire. Selon le dernier rapport de l’ONU, le taux de malnutrition en Afrique ne cesse d’augmenter. Aujourd’hui, 20 % de la population africaine serait sous-nourrie. Le dernier rapport conjoint de la CEA (Commission Economique pour l’Afrique) et de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) révèle que près de 821 millions de personnes seraient touchées par la malnutrition dans le monde. L’Afrique à elle seule, héberge 257 millions de personnes touchées par la malnutrition dont 237 millions dans la région subsaharienne contre 20 millions dans le Nord du continent. Ceci montre une augmentation de 34.5 millions de personnes par rapport à 2015. À en croire Giovanie Biha, sur cette lancée, l’Afrique risque de ne pas atteindre le deuxième objectif de développement durable qui est d’éradiquer la faim.

Les facteurs clés de la malnutrition en Afrique

La maladie, la faim et la pauvreté sont les principaux facteurs responsables de la malnutrition en Afrique. Les mauvaises conditions de vie, le manque d’éducation, la précarité des moyens de subsistance, le manque d’accès aux soins de santé et aux aliments sains et nutritifs sont autant de conditions favorables à la malnutrition en Afrique. Selon le Dr Felicitas Zawaira du bureau régional de l’OMS, l’éradication de la faim n’est pas forcément une garantie pour une meilleure nutrition des populations. Elle invite plutôt à penser aux moyens pour assurer non seulement l’accès à des quantités suffisantes d’aliments mais aussi à garantir une alimentation saine et riche en nutriments essentiels aux populations.

Des efforts insuffisants

Dans son rapport publié en 2017 sur la nutrition et la sécurité alimentaire en Afrique, la FAO juge les efforts insuffisants. En une année, soit de 2015 à 2016, on remarque que la sous-alimentation touche davantage de personnes sur le continent avec 224 millions de personnes en 2016 contre 200 millions en 2015. Il est important de noter que le retard de croissance n’est plus fréquent. Cette baisse des proportions de retard de croissance est accompagnée d’une hausse drastique des taux d’obésité et de surpoids, principalement en Afrique Australe. Pour cause de l’insécurité alimentaire, l’on ressort principalement le changement climatique et la récurrence des conflits. La directrice générale adjointe de la FAO regrette que le continent ait autant reculé dans ses efforts pour l’amélioration de la sécurité alimentaire après toutes ces années de progrès. Elle notifie par ailleurs que la FAO convergera toujours ses efforts avec toute association contre la faim dans le but d’éradiquer ce mal. Pour venir en aide au nombre sans cesse croissant de personnes succombant à la malnutrition en Afrique, de nouvelles politiques doivent être pensées. Elles doivent être axées sur le contrôle de la qualité des boissons et aliments consommés par les populations, la promotion des fruits et légumes frais,la valorisation du secteur agricole, etc